Concrétisation

Une tension palpable émanait entre nos deux corps, renforcée par un silence évocateur. Les sentiments que je lui portais tambourinaient dans ma poitrine. Une douce fébrilité se répandait dans mon esprit. J’espérais qu’il m’embrasse plus que tout au monde. N’osant être trop entreprenante, je repris la conversation en l’y encourageant timidement par des paroles taquines. Ce faisant, un subtil amusement où chacun se renvoyait des badineries s’installa progressivement. À l’instant où il saisit subitement mon visage dans ses mains pour fondre sur ma bouche, mon cœur rata un battement. J’ai touché le bonheur quand ses lèvres ont touché les miennes.

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Évidence

Dès nos premiers échanges, j’ai ressenti une connexion particulière avec toi. Nous avions tellement en commun qu’une coïncidence était difficile à croire. Tu n’avais pas à gagner ma confiance, car instinctivement tu l’avais déjà. Communiquer ensemble se révélait naturel. Je me sentais unie à toi par quelque chose d’impalpable, quelque chose qui s’était comme réveillé dans ma chair au moment où nous avions fait connaissance. Mon âme était déjà amoureuse de toi, mais mon cœur ne le savait pas encore. Quand ce lien singulier s’est concrétisé, j’étais certaine d’avoir vécu ma vie pour arriver jusqu’à toi. Tu es mon évidence.

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Au revoir

Mon vampire, j’ai demeuré à tes côtés durant un temps qui m’a semblé éternel. Lorsque tes lèvres ont rencontré les miennes, j’ai cru vivre un parfait conte de fées. Hélas, les fées appartiennent à la lumière et les vampires à l’obscurité. Je l’ai compris trop tard, le mélodrame déjà en marche, j’avais commis le péché de t’offrir mon amour. Ces mots ne sont qu’un au revoir, le monde des ombres est si vaste… je te retrouverai dans les abysses de l’enfer auxquels je ne pourrai échapper pour payer mon crime maculé de sang. Ainsi, nous poursuivrons notre Roméo et Juliette.

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N.d.A. : Récemment, j’ai remis la main sur une courte nouvelle écrite lorsque j’étais ado. Elle racontait l’amour tragique d’une jeune fille et du vampire auquel elle avait porté secours alors qu’il était pourchassé par les hommes de son village. C’est assez amusant de constater que ma plume était encore plus gothique qu’elle ne l’est aujourd’hui ! Un passage du texte m’a donné envie de le réécrire en micronouvelle. En dépit de la tragédie sous-jacente, il y a l’idée d’un amour éternel.

Petit-déjeuner

Le café du matin refroidissait dans la verseuse. Enhardi par la dentelle de ma nuisette, mon amant m’avait installée sur le plan de travail, abandonnant son caleçon. Mes jambes l’entouraient tandis que ses doigts glissaient sur mes cuisses, remontant progressivement sous le léger tissu. Avide de ne faire qu’un, je plaçai mes bras autour de sa nuque et l’invitai d’un regard ardent à me posséder. Ses lèvres fondirent sur les miennes en même temps que son bas-ventre partit à l’assaut du mien. Notre grisant baiser s’entrecoupa de souffles saccadés. Dans cette étreinte effrénée, nos corps affamés trouvèrent satisfaction à l’unisson.

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N.d.A. : Depuis la parution de Mots opiacés, il n’y avait plus de micronouvelles en lecture libre sur mon site et les visuels ont été retirés de mes réseaux. Voulant vous offrir de la nouveauté, je me suis longtemps triturée les méninges et il en est ressorti une petite fiction poétique qui est la plus explicite de mon registre sensuel. J’étais hésitante sur ce résultat clairement érotique, mais la stylistique me plaisait donc… bon « petit-déjeuner » ! Je laisserai en ligne en fonction des retours.

Addiction

Ce soir-là, ma princesse de la banlieue s’exaltait au milieu de la foule. Sa robe virevoltait sur un air de musique punk. L’alcool comme aphrodisiaque, nous ne tardions pas à échanger des baisers fiévreux. Semant nos vêtements jusque dans l’intimité d’une chambre, nous consommions notre amour toxique. Nos corps entremêlés, une chaleur fébrile émanait de notre union. Sa peau parfumée à la marijuana m’enivrait, même ses cheveux sales trouvaient grâce entre mes doigts. Je ne voyais rien du drame qui se jouait sous mes yeux. Au matin, elle redevenait insaisissable. J’étais l’esclave de ses plaisirs, dépendant de mon impétueuse héroïne.

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